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Vendredi, nous sommes arrivés de bon matin
au château de Magrin pour en apprendre plus sur le pastel. L'arrivée
était agréable et nous avons dû attendre quelques minutes. Ce
château avait une histoire car Henri lV s'y était réfugié pendant
les Guerres de Religion. Nous sommes d'abord allés dans un jardin
et le guide nous a fait observer des fenêtres décorées. Les
vitres formaient une croix et Louis nous a montré des petites
étoiles collées sur les carreaux. Ce sont des fenêtres à meneaux.
Elles datent de la Renaissance.
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Puis nous nous sommes dirigés vers un massif
où le guide nous a montré la plante de pastel. Elle ressemblait
à une salade. Nous avons appris que la plante poussait en deux
ans.
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Un peu plus loin, nous nous sommes arrêtés
devant une charrette bleue. Elle avait été peinte au pastel.
La couleur bleu protégeait les bœufs des moustiques. Les moustiques
n'aiment pas les couleurs froides comme le bleu, au contraire
du rouge, qui est une couleur chaude. Le moustique ne sera pas
attiré et ne viendra pas piquer les bœufs.
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Puis nous sommes rentrés dans une pièce où
il y avait une meule actionnée par un cheval. Le cheval faisait
tourner une meule verticale qui écrasait les feuilles de pastel.
Cela faisait une bouillie verte.
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Cette bouillie était en suite travaillée,
pressée, ce qui donnait une espèce de boulette grosse comme
le poing. C’est elle qu’on appelle la cocagne.
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Puis nous sommes montés au deuxième étage du château. Nous
avons vu des sortes de couloirs en grillage dans un grenier
aéré par de hautes ouvertures munies de volets qui permettaient
de faire circuler l'air comme on le voulait.
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Cela servait à faire sécher les cocagnes qui
étaient entassées entre les grillages. Une fois sèches, les
cocagnes peuvent se conserver longtemps. Elles s’améliorent
même avec le temps : le bleu des tissus teint devient plus beau.
On peut alors les revendre plus chères. C’est ce qui a fait
dire : « Au beau Pays de Cocagne, mon bon Monsieur, plus on
dort, plus on gagne ! »
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Lorsqu’on veut les utiliser, les cocagnes sont
broyées. On obtient de la poudre que l'on mélange à l'eau. Si
on y plonge un tissu, il ressort d’abord jaune, puis bleuit
peu à peu à l'air. La fabrication des cocagnes prenait beaucoup
de temps, mais permettait de gagner beaucoup d’argent. Malheureusement,
l’indigo, le rival du pastel arriva et petit à petit, le pastel
commença à disparaître. Aujourd’hui, on essaie de le faire revivre
et de le réutiliser.
Joseph A et Alexandre
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