Le pastel

(Lauragais - mars 2006)


Vendredi, nous sommes arrivés de bon matin au château de Magrin pour en apprendre plus sur le pastel. L'arrivée était agréable et nous avons dû attendre quelques minutes. Ce château avait une histoire car Henri lV s'y était réfugié pendant les Guerres de Religion. Nous sommes d'abord allés dans un jardin et le guide nous a fait observer des fenêtres décorées. Les vitres formaient une croix et Louis nous a montré des petites étoiles collées sur les carreaux. Ce sont des fenêtres à meneaux. Elles datent de la Renaissance.
Puis nous nous sommes dirigés vers un massif où le guide nous a montré la plante de pastel. Elle ressemblait à une salade. Nous avons appris que la plante poussait en deux ans.
Un peu plus loin, nous nous sommes arrêtés devant une charrette bleue. Elle avait été peinte au pastel. La couleur bleu protégeait les bœufs des moustiques. Les moustiques n'aiment pas les couleurs froides comme le bleu, au contraire du rouge, qui est une couleur chaude. Le moustique ne sera pas attiré et ne viendra pas piquer les bœufs.
Puis nous sommes rentrés dans une pièce où il y avait une meule actionnée par un cheval. Le cheval faisait tourner une meule verticale qui écrasait les feuilles de pastel. Cela faisait une bouillie verte.
Cette bouillie était en suite travaillée, pressée, ce qui donnait une espèce de boulette grosse comme le poing. C’est elle qu’on appelle la cocagne.

Puis nous sommes montés au deuxième étage du château. Nous avons vu des sortes de couloirs en grillage dans un grenier aéré par de hautes ouvertures munies de volets qui permettaient de faire circuler l'air comme on le voulait.

Cela servait à faire sécher les cocagnes qui étaient entassées entre les grillages. Une fois sèches, les cocagnes peuvent se conserver longtemps. Elles s’améliorent même avec le temps : le bleu des tissus teint devient plus beau. On peut alors les revendre plus chères. C’est ce qui a fait dire : «  Au beau Pays de Cocagne, mon bon Monsieur, plus on dort, plus on gagne ! »

Lorsqu’on veut les utiliser, les cocagnes sont broyées. On obtient de la poudre que l'on mélange à l'eau. Si on y plonge un tissu, il ressort d’abord jaune, puis bleuit peu à peu à l'air. La fabrication des cocagnes prenait beaucoup de temps, mais permettait de gagner beaucoup d’argent. Malheureusement, l’indigo, le rival du pastel arriva et petit à petit, le pastel commença à disparaître. Aujourd’hui, on essaie de le faire revivre et de le réutiliser.

Joseph A et Alexandre


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