Dans un petit village
du sud de la France, Sauve, un arbre bizarre est utilisé pour faire des fourches.
Il pousse bien dans cette région. On le plante au bord des champs ou sur les terrains
rocailleux. Ces fourches sont utilisées en de nombreuses occasions, et il n’y
a qu’à Sauve qu’on les fabrique.
Quand on plante une graine, une micocoule,
dans le sol, il pousse une tige qu’on appelle « drageon ». Quand il a atteint
une certaine grosseur, le drageon est coupé à dix centimètres du sol. Des pousses
vont se former et on en laisse se développer quelques-unes, les plus vigoureuses.
Le micocoulier a la particularité d’avoir des bourgeons triples, qu’on appelle
aussi « fleur de lys » Au début du printemps, on choisit un bourgeon placé à au
moins 1,20 m du pied, et on taille la tige en biais juste au-dessus. La plante
alimente alors ce bourgeon qui se développe en formant un petit fourchon à trois
branches.
Si on laisse faire, toutes les branches ne seront pas de la même
taille. Alors, pendant quelques années, on va les équilibrer en enlevant quelques
feuilles sur le plus gros de rameaux. Comme la plus grosse tige a beaucoup de
feuilles, il reçoit plus de sève que les autres et grossit plus vite. En lui enlevant
des feuilles, il grossit moins vite, et les autres peuvent le rattraper. Pour
équilibrer les fourches, on utilise deux outils: la jauge, qui sert à mesurer
la grosseur des branches, et le « poudet », une serpette qui sert à tailler les
pointes des plus grosses branches.
Au bout de quelques années, on a une fourche
que l’on coupe et que l’on emmène à la fabrique. Sur une seule souche, il y a
des fourches à différents stades de formation.
Pour avoir une fourche, il
faut six à huit ans.
Nathan et Nil