Jean et la licorne

par Loïse et Estelle

Il y a longtemps, le seigneur de Gritouille faisait la guerre au seigneur de Batollion. Un jour, Batollion défia le seigneur de Gritouille et lui demanda de lui donner un objet du futur. Le seigneur de Gritouille ne pouvait pas dire non, mais il fut bien embêté : où trouver une machine du futur ?
Il dit à un de ses gardes de lui amener Jean, le petit garçon qui n’a peur de rien. Jean fut bien étonné, mais il alla au château.
« Bonjour, seigneur de Gritouille ! 
- Ah ! Jean, te voilà ! Je suis bien embêté, ce bougre de Batollion veut une machine du futur. Je ne voudrais pas être humilié devant mon pire ennemi. Écoute : tu as quinze ans et tu es chevalier. Voici ta première mission : amène-moi un objet du futur. Tu as 6 mois! »
Jean se rendit chez Limmer le magicien et expliqua son problème :
« Limmer, il faut que tu m’aides : le seigneur veut à tout prix un objet du futur. Je suis chargé d’en trouver un , et je ne sais pas où.
- Je peux t’aider mais il faut des ingrédients. Voilà ce qu’il me faut : pour allumer la marmite, il me faut une flamme de dragon et pour faire une potion, il me faut un crin de licorne et une plume de phœnix. Prends cette épée, elle te protègera du mauvais sort. Ne pars pas, je n’ai pas fini : n’achète rien, on ne peut être mieux servi que par soi-même. Fais bien attention, le dragon habite dans le volcan du Destin, la licorne dans la forêt des Elfes et le phœnix dans la vallée de Feu, en haut d’un arbre roussi par ses flammes »
Il donna lui trois bocaux : un rempli de charbon, un autre rempli de cendres et un troisième contenant une petite bourse de cuir. Jean le remercia et partit. Curieux, il ouvrit la bourse et se mit à tousser. Il la referma en un tour de main. Il entendit derrière lui une si douce musique qu’il se retourna et vit la forêt des Elfes. Il hésita un peu et se décida à rentrer. Après un jour de marche, il vit, ébahi, une licorne.
« Comment l‘attraper, elle a l’air si sauvage… »
Il avança très doucement et lui caressa l’encolure. Délicatement, il sortit son épée. La licorne baissa les oreilles. Jean dit : « Surtout, n’aie pas peur, je veux juste un de tes crins. »
Et d’un coup d’épée, il coupa un crin. La licorne se baissa et invita Jean à monter sur son dos. Il lui dit : « Je veux bien monter sur ton dos. Pourrais-tu m’emmener dans la vallée de Feu ?» La licorne répondit d’un ton craintif :
« Je ne peux pas rentrer dans la vallée car mon poil brûle comme du charbon. »
Jean rangea le crin dans un pot et ouvrit la bourse, se boucha le nez et mit la moitié du contenu dans le bocal. Puis il dit:
« Cours le plus vite que tu peux à la vallée de feu. »
Et la licorne partit au galop. A la fin de la première nuit, elle se mit à hennir. Jean se réveilla en sursaut.
« Qu’y a-t-il ?, dit Jean
- Un ours ! dit la licorne. Il est énorme. Je le reconnais à ses pas. Il est dans les parages et c’est un ours blanc, le plus féroce de tous. »
Jean sortit son épée, rangea ses affaires, quelques instants plus tard, il se retrouva nez à nez avec l’ours. Il était d’un blanc si rare que ses dents paraissaient noires. Elles étaient si longues qu’on aurait pu faire une épée avec l’une d’elles. Jean se dit :
« Plus un adversaire est grand, plus ses jambes sont faibles. »
Il chuchota à la licorne : « Je vais attacher ma ceinture autour de ses pattes et toi, tourne autour de lui. »
L’ours regarda la licorne, il avança et tomba, Jean le tua, détacha sa peau, prit ses crocs et dit : « Maintenant partons à la vallée de feu ».
La licorne partit au galop et après quelques jours, ils étaient devant la vallée. Jean lui dit : 
« Attends-moi ici. »
Il avança et vit un arbre rouge. Il faisait très chaud : on se serait cru en été. Jean vit le phœnix décoller, la licorne arriva au galop et dit :
« Mes ancêtres avaient des ailes quand ils faisaient preuve de courage » et des ailes lui poussèrent aussitôt.
« - Maintenant que j’ai des ailes je peux t’accompagner et tu n’as pas le choix car le phœnix vole et il faut bien le suivre.
- D’accord. Mais fais vite ! »
Il monta sur son dos et elle s’envola en quelques battements d’ailes. Ils aperçurent le phœnix, mais il était très haut dans le ciel.
« - Nous ne le rattraperons jamais, dit Jean.
- Il ne faut jamais dire jamais ! répondit la licorne.
- Peut-être, mais en attendant un mois s’est déjà écoulé et on ne peut pas arrêter le temps!!! »
La licorne battit plus vite des ailes, avança plus vite, Jean se cramponna plus fort à sa crinière. Au bout d’un moment, ils se trouvèrent juste à côté du phœnix. Jean se pencha vers la gauche et dit:
« - Je suis trop loin, approche-toi un peut. »
La licorne s’approcha mais le phœnix s’éloigna. Ce manège dura longtemps… Jean sortit son épée et réussit à couper une plume. Mais il n’en avait que la moitié ! Il se pencha, réussit à attraper une plume de l’oiseau et l’arracha. Puis il dit:
« Va te poser sur la terre ferme »
Elle plongea vers la terre et ils arrivèrent aussi vite qu’ils étaient venus. Ils prit les bocaux et hésita entre la cendre et le charbon : ils étaient tous les deux bien pour conserver la plume de phœnix. Après un moment d’hésitation, il prit le bocal plein de cendres et y enferma la plume avant qu’elle ne s’envole dans un courant d’air. Jean se tourna vers la licorne et lui dit : 
« Il faut que je te donne un nom. Voilà, j’ai une idée. Je vais t’appeler Chute-Libre. Cela te plait-il ? 
- Oui, j’aime ce nom. Tu es la première personne à me donner du bonheur… 
- Allons au volcan du Destin »
Et la licorne s ‘envola.

Bientôt, ils virent une falaise et quelque chose brillait dans la falaise.
« - Peux-tu descendre vers cette falaise. Je voudrais voir ce que c’est. »
Jean sauta en tenant la peau d’ours de façon à en faire un parachute. Jean vit que ce qui brillait était un bouclier en argent avec une licorne gravée dessus. Il s’en saisit, prit la peau d’ours et la remit sur la licorne. Tout près de la falaise il vit le volcan du Destin. Il remonta sur la licorne et partit au galop. Ils arrivèrent au volcan et Jean dit :
« attends-moi ici ».
Jean s’arma du bouclier, sortit son épée et pénétra dans le volcan. Là, il vit le dragon leplus féroce qu’il n’avait imaginé. Il sortit la bourse et le pot de charbon. Il ouvrit le pot de charbon, le posa devant lui, ouvrit la bourse, jeta le contenu vers le dragon qui se mit à éternuer et cracher du feu. En crachant du feu, il enflamma le charbon. Jean attrapa le bocal et repartit . Il enfourcha la licorne et lui dit:
« Cours chez Limmer, le magicien »
Elle s’envola aussitôt.

Au bout d’un mois, ils arrivèrent chez Limmer qui les l’accueillit et demanda les ingrédients. Limmer prépara sa marmite, Jean enflamma le bois et mit la plume et le crin dans la marmite. L’eau se colora aussitôt en un doré rare. Limmer saisit une gourde et un tonnelet. Il remplit la gourde et le tonnelet.
« Fais boire ta licorne et bois-en un peu. Prends cette gourde. » dit-il à Jean.
Chute Libre but et Jean aussi. Puis ils partirent. Ils atterrirent dans le château de Gritouille, mais ils était en ruine. Jean se cacha derrière un buisson et attendit que quelqu’un passe. Au bout d’une heure, il vit une jeune fille blonde qui sortit de derrière les buissons. Il lui dit : 
« - Comment t’appelles-tu ?
- Jeanne. Et toi ?
- Jean. Aimes-tu les histoires du passé ?
- Oui, répondit t-elle, comme beaucoup de gens.
- Alors écoute. »
Et il lui raconta son aventure. Jeanne découvrit que le seigneur de Gritouille faisait partie de sa famille.
« Qu’est-ce tu cherches ?
- Une machine du futur. Voilà ma montre à energie solaire.
- C’est quoi ce machin solaire ?
- Ça veut dire que quand on la met au soleil, elle se recharge et marche à nouveau.
- Peut-être mais à quoi ça sert.
- A savoir l’heure.
- Merci. Viens je vais la montrer à Gritouille."
Et il lui donna la gourde. Une gorgée suffit. Il en but aussi et en donna à Chute Libre. Ils montèrent sur la licorne et s’envolèrent. Ils arrivèrent au dessus du château en bon état. «-Voilà le château.
- Où nous trouvons-nous ?
- Au même endroit"
Ils amenèrent la montre au seigneur de Gritouille. Il les remercia et dit à Jeanne :
« Alors, tu es de ma famille. Je donne ta main à Jean. »
Ils acceptèrent. Ils étaient ravis.
Et Jean donna les dents d’ours à Limmer en remerciement…


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